Chambre Syndicale des Médecins du Val d'Oise : CSMVO




Les Nouvelles de la réforme de l'Assurance Maladie.

FICHE N° 1

LES CCAM OU EN SOMMES NOUS ?

(12/10/2004) Dr. Jean François THEBAUT

  1. CCAM des actes cliniques :
    La méthodologie délirante du Pôle Nomenclature qui reprenait exactement celle des actes techniques a été refusée, à la demande unanime des syndicats médicaux, par le dernier Comité de pilotage. Une nouvelle méthodologie devra être proposée lors du prochain CoPil du 9 novembre prochain.
  2. CCAM des actes techniques
    Rappelons les objectifs initiaux :
  • La NGAP était obsolète et différente de la CDAM, interdisant toute comparaison et toute traçabilité entre les différents secteurs libéraux et hospitaliers publics.
  • La hiérarchisation du travail médical était destinée à rétablir une équité entre et au sein des différentes spécialités.
  • Le Codage permettrait de savoir qui fait quoi et quels impacts peuvent avoir des modifications de pratique.
  • La dissociation entre le travail médical et le coût de la pratique permettrait d’aller au plus près de la vérité, corriger des rentes de situation et rétablir des injustices.
  • L’institution d’une revalorisation annuelle du point travail et l’actualisation du coût de la pratique en fonction des indices de dépenses permettrait de ne pas voir se renouveler la situation de 10 années de blocage de la valeurs des actes médicaux.
  • De plus la solidarité d’une valeur unique du point travail est totale, ce qui empêcherait toute mesure ciblée, injustement ressentie (cf. lettres clés flottantes).

    Mais de nombreux problèmes ne sont pas résolus :
  • Coût de la pratique :Problèmes des frontières entre la rémunération des praticiens et celles des établissements - Asymétrie d’activité (imagerie interventionnelle) – T2A
  • Notion d’acte global : Des gestes majeurs ont été forfaitisés, l’acte thérapeutique effaçant l’acte diagnostic (ex : coronarographie + angioplastie coronaire).
  • Actes complémentaires :des gestes courants au bloc sont intégrés à l’acte chirurgical (notamment en imagerie médicale).
  • Actes associés : Utilisation abusive des travaux de l’intra spécialité - Extrapolation douteuse de la méthodologie - baisse insupportable d’actes associés indispensables ex. : Mammographie + échographie des seins).
  • Modificateurs et prise en charge de conditions particulières de réalisation des actes Urgences, bloc , score ASA, Coût de la pratique;
  • Et surtout la mis en place à budget constant de cette CCAM en fait un outil de régulation économique manichéen qui aura des effets financiers désastreux sur les spécialités globalement perdantes ( Cardiologie, Gastro-entérologie, Isotope, Imagerie Interventionnelle, Radiologie, Radiothérapie, Rhumatologie) et sur certains praticiens pratiquant spécifiquement une activité décotée au sein d’une spécialité gagnante (exemple chirurgie ophtalmologique ou dermatologique)

EN PRATIQUE
Une enveloppe de restructuration a été proposée (180 M d’€) afin d’éviter toute baisse des actes «phares» durant 18 mois ( ex. Cataracte – ablation d’une tumeur cutanée – Fibroscopie bronchique – ECG d’effort…), puis de permettre un lissage de la baisse sur 2 ans pour les spécialités gagnantes et sur 3 ans ½ pour les perdants, compensée en théorie par la revalorisation annuelle de 2% de la valeur du point travail à volume constant.

Mais ceci est inacceptable, car cela reviendrait au mieux à pérenniser une valeur identique pour les actes les moins pénalisés ce qui aboutirait à 15 années de blocage effectif et au pire à entériner des baisses supérieures à 20% à cinq ans, ce qui n’est économiquement viable pour aucune structure libérale.

De plus le nouveau directeur de la CNAM n’a pas la possibilité réglementaire actuelle de signer quoi que ce soit avant que soit désigné son nouveau conseil d’administration et les membres de l’UNCAM
La mise en place de la CCAM a été de ce fait reportée au 1er décembre comme la T2A.
Mais est-ce crédible si l’on sait que les membres de l’UNCAM ne pourront être désignés avant fin novembre ? Ne serait-il pas plus raisonnable de tout renvoyer aux négociations conventionnelles ?

Dr. Jean François THEBAUT.



plan du site