Les médecins ont plutôt tendance à se
focaliser sur la valeur des actes dans la nouvelle
classification commune des actes médicaux.
La plupart ignorent ce qu'on appelle les dispositions générales.
Pourtant, celles-ci sont capitales, car elles permettent de « mettre
en musique » les différentes codifications.
La plupart des litiges, dans l'ancienne nomenclature, portaient d'ailleurs
sur l'interprétation des dispositions générales.
Le texte complet est un peu fastidieux (37 pages) et
nous nous bornerons à exposer les articles qui
peuvent intéresser les cardiologues en essayant
de distinguer ce qui change par rapport à l'ancienne
nomenclature, tout en sachant que ces dispositions sont
théoriquement transitoires ; d’autres règles
s’appliqueront lorsque la mise en œuvre de
la CCAM sera totalement stabilisée( par exemple
la règle des associations d’actes)
Nous présentons ci dessous un résumé de
ces dispositions adaptées plus particulièrement
aux médecins de famille et aux spécialités
cliniques et médico-techniques. Pour ce qui concerne
les anesthésistes/réanimateurs, les chirurgiens
et les radiologues, il faut se référer
au texte complet consultable en ligne.
Livre 1er Dispositions générales
Articles I-1 à I-3:
Il s'agit de généralités
sur l'utilité de la C. C. A. M. et les principes
de son codage.
Article I-4:
Il décrit en particulier les modalités
de l'entente préalable
Article I-5:
Chaque acte doit faire l'objet d'un compte-rendu,
ce qui n'est pas nouveau, mais les conditions en sont
décrites de façon précise :
«Le compte-rendu doit comporter notamment : les renseignements d'ordre
administratif, les renseignements d'ordre médical, l'indication de l'acte,
les modalités techniques précises quand cela est nécessaire,
les résultats quantitatifs et qualitatifs pertinents, les conclusions
motivées. Il est accompagné éventuellement d'un tracé ou
d'une iconographie appropriée.
Il est réalisé et signé par le médecin ayant pratiqué l'acte
et peut être adressé au contrôle médical sur sa demande. »
Article I-6: Acte global
Cette notion d'acte global a été un
important sujet de litige dans l'ancienne nomenclature.
La définition est devenue plus précise
:
«Pour les actes techniques médicaux de la liste, chaque libellé décrit
un acte global qui comprend l'ensemble des gestes nécessaires à sa
réalisation dans le même temps d'intervention ou d'examen, conformément
aux données acquises de la science et au descriptif de l'acte dans la
liste.
L'acte global peut être un acte isolé, qui peut être réalisé de
manière indépendante ou une procédure, qui est le regroupement
usuel et pertinent d'actes isolés.
Lorsque les conditions de prise en charge prévoient que l'acte peut être
réalisé par plusieurs médecins, la participation de chaque
médecin est décrite par une activité distincte. A chaque
activité correspond un code activité, et un tarif, qui ne peut être
tarifé qu'une seule fois. »
Comme dans l'ancienne nomenclature, le texte explicite
la période que couvre l'acte global :
«Pour un acte chirurgical sanglant non répétitif réalisé en équipe
sur un plateau technique lourd ou un acte interventionnel, dont la réalisation
en établissement de santé est nécessaire à la sécurité des
soins, le tarif recouvre, pour le médecin qui le réalise :
pendant
la période pré-interventionnelle,
les actes habituels en lien direct avec l'intervention
en dehors de la consultation au cours de laquelle
est posée l'indication ;
la
période per-interventionnelle ;
la
période post interventionnelle et, ce, pendant
une période de quinze jours après
la réalisation de l'acte, pour un suivi
hors complications et en ce qui concerne les conséquences
directes liées à cet acte, que le
patient soit hospitalisé ou non. »
· Deux différences :
la période
post-interventionnelle est et de 15 jours au lieu de 20.
Le
concept de l'acte global est opposable uniquement
au médecin qui réalise l'acte. C'est
ainsi, par exemple, que l'on ne pourra plus contester
au réanimateur/ cardiologue de garde sa
cotation de surveillance monitorisée au
décours d'une angioplastie en prétendant
qu'elle serait incluse dans celle de la dilatation
comme cela s'est vu dans le passé.
Article I-9: Modificateurs
« Un modificateur est une information associée à un
libellé qui identifie un critère particulier
pour la réalisation d'un acte ou pour sa valorisation. »
Le modificateur correspond en fait à une majoration tarifaire (cf. plus
bas article III-2 du livre III).
Quatre modificateurs au plus peuvent être tarifés par actes.
Article I-11: Association
« Dans le cadre de la tarification, l'association
d'actes correspond à la réalisation de
plusieurs actes, dans le même temps, pour le même
patient, par le même médecin, dans la mesure
où il n'existe pas d'incompatibilité entre
ces actes. »
L'expression « même séance » de l'ancienne nomenclature
dont l'interprétation a fait l'objet de nombreux litiges est remplacée
par la formule « dans le même temps » qui est moins ambiguë.
Livre 3ème: Dispositions
diverses
Article III-2
Cet article décrit les modificateurs et
leurs codes.
« Urgence : Réalisation d'un acte non prévu 8 heures auparavant,
entre 20 heures et 08 heures, le dimanche ou un jour férié, pour
une affection ou la suspicion d'une affection mettant en jeu la vie du patient
ou l'intégrité de son organisme et entraînant la mobilisation
rapide des ressources humaines et matérielles, à l'exclusion des
forfaits de surveillance continue.
Acte
réalisé en urgence par les médecins,
autres que les omnipraticiens et les pédiatres
la nuit entre 20 h et 08 h ; le code est U.
Acte
réalisé en urgence par les pédiatres
et omnipraticiens la nuit entre 20 h et 00 h et
de 06h à 08h ; le code est P
Acte
réalisé en urgence par les pédiatres
et omnipraticiens la nuit entre 00 h et 06 h le
code est P et 08 h ; le code est S
Acte
réalisé en urgence un dimanche ou
un jour férié : le code est F »
Article III-3
Cet article reprend en gros les dispositions
de l'article 11 de l'ancienne nomenclature, à la
différence que l'on ne parle plus d'actes pratiqués « dans
la même séance », mais « dans
le même temps ».
Par dérogation certains actes sont cumulables comme auparavant avec
la consultation( en attendant la CCAM des actes cliniques…)
1) CS et radiographie pulmonaire pour les pneumologues
2) Cumul des honoraires de la première consultation avec ceux des actes
lors d’une hospitalisation en urgence
3) L'électrocardiogramme reste cumulable avec la consultation :
« Le cumul des honoraires de l'électrocardiogramme avec ceux de
la consultation ou de la visite : C ou CS, V ou VS ou, pour les patients hospitalisés,
C x 0,80 ou CS x 0,80. Cependant, en cas d'actes multiples dans le même
temps, les règles de cumul telles que prévues au paragraphe B ci-dessous
s'appliquent sans cumul possible avec les honoraires de la consultation ou de
la visite. »
La minoration de tarification de l'un des deux actes associés est identique à la
règle de l'ancienne nomenclature:
« L'association de deux actes au plus, y compris les gestes complémentaires,
peut être tarifée. L'acte dont le tarif, hors modificateurs, est
le plus élevé est tarifé à taux plein, le second
est tarifé à 50% de sa valeur, à l'exception des gestes
complémentaires tarifés à taux plein. Les suppléments
peuvent être codés et tarifés en sus et à taux plein. »
Une nouveauté :
« Si, pour des raisons médicales ou dans l'intérêt
du patient, un médecin réalise des actes à des moments différents
et discontinus de la même journée, à l'exclusion de ceux
effectués dans une unité de réanimation ou dans une unité de
soins intensifs de cardiologie en application des articles D. 712-104 et D. 712-115
du code de la santé publique, sur un même patient et s'il facture
ces actes à taux plein, il doit le justifier dans le dossier médical
du patient qui est tenu à la disposition du contrôle médical.»
Cela signifie qu'il est bien établi que l'on peut coter à taux
plein des actes pratiqués à deux moments différents d'une
même journée.
Annexe 1 : Valeur monétaire
et pourcentage des modificateurs
| U |
Acte réalisé en urgence
par les médecins autres que pédiatres
et omnipraticiens, la nuit entre 20h et 08h |
25,15 € |
| P |
Acte réalisé en urgence par les pédiatres
et omnipraticiens la nuit entre 20 h et 00 h et de
06h à 08h |
35 € |
| S |
Acte réalisé en urgence par les pédiatres
et omnipraticiens la nuit entre 00 h et 06h à 08h |
40 € |
| F |
Acte réalisé en urgence un dimanche
ou un jour férié |
19,06 € |
Annexe 2 : Règles
d'association
« Cas général : L'association de
deux actes au plus, y compris les gestes complémentaires,
peut être tarifée.
L'acte dont le tarif, hors modificateurs, est le plus élevé est
tarifé à taux plein, le second est tarifé à 50%
de sa valeur, à l'exception des gestes complémentaires tarifés à taux
plein. Des suppléments peuvent être codés et tarifés
en sus et à taux plein. »
Règle |
Code |
Taux à appliquer au
tarif |
Acte de tarif le plus élevé |
1 |
100% |
2ème acte |
2 |
50% |
2ème acte à 75% |
3 |
75% |
Supplément autorisé en
plus des 2 actes |
1 |
100% |
Par dérogation, certains actes peuvent être
tarifés à 75 % et certaines associations
de trois actes ou plus peuvent être réalisées
( chirurgie, notamment des membres)
Dans certain cas plusieurs actes peuvent être associés et tarifés à taux
plein :
Radiologie
conventionnelle
Guidage
radiologique et scanographique
EMG
et électrostimulation
Irradiation
en radiothérapie
Médecine
nucléaire
Actes
associés aux forfaits de cardiologie et
de réanimation
Dans ces cas le code est « 4 » pour chacun d’entre eux
« Si pour des raisons médicales ou dans
l'intérêt du patient, un médecin
réalise des actes à des moments différents
et discontinus de la même journée, à l'exclusion
de ceux effectués dans une unité de réanimation
en application des articles D. 712-104 et D. 712-115
du code de santé publique, sur un même patient
et s'il facture ces actes à taux plein, le code
association est «5» pour chaque acte. »
Dr V. GUILLOT
17 mars 2005
Lire les explications du
Dr Jean François THEBAUT |