EPP
en établissement:
la HAS ouvre le chantier quinquennal
4 • la lettre
de l’Union — mars 2005
La région parisienne sera, le 19 avril prochain, la prochaine étape
de la Haute Autorité de Santé (HAS), qui, jusqu'au
début 2006, poursuit un tour de France des régions
pour informer les confrères sur les modalités de
l’EPP en établissement de santé.
Toutes les parties prenantes de l’EPP sont invitées à s’exprimer
avec, en premier lieu, l’URML Ile-de-France, militante
de l’évaluation depuis la première heure,
sur qui une bonne partie du dispositif francilien doit reposer.
Reste quelques interrogations de taille puisque le décret
d’application de la loi de Réforme de l’Assurance
maladie instaurant l’obligation d’EPP n’était
pas paru à l’heure de mettre sous presse, et qu’il
appartient encore à la Haute Autorité de rédiger
un cahier des charges de la procédure d’EPP, comportant
notamment un barème et donc, une marche à suivre
de la procédure qui pourrait s’étaler dans
le temps.
Le point, avec le Dr Jean-François Thebaut, secrétaire
général adjoint de l’URML
Ile-de-France.
Comment se
passe l’Evaluation des pratiques
professionnelles (EPP) pour les médecins
spécialistes?
Dr. Jean-François Thébaut: Cela
se passerait bien si nous avions les
budgets. Nous avons eu plus de 1500
réponses de médecins
spécialistes en Ile de France
et près de 1 200 confrères
sont en attente, mais nous n’avons
pas eu jusqu’à présent
la ligne budgétaire suffisante
du FAQSV et les gens sont dans les
starting blocks. Ces chiffres prouvent
que le principe semble être bien
passé parmi nos confrères
spécialistes libéraux,
d’ailleurs les enquêtes
de perception montrent qu’ils
sont très satisfaits et en redemandent
souvent. Il nous manquait également
un certain nombre de référentiels,
mais la Haute Autorité de Santé (HAS)
est en train de travailler d’arrache
pied: un nouveau guide méthodologique
d’élaboration des référentiels,
beaucoup plus simple, vient d’être
finalisé pour être largement
diffusé, ce qui devrait permettre à la
majorité des spécialités
de produire leurs référentiels.
Cependant, le décret que nous
attendons depuis plusieurs semaines
n’est toujours pas paru (cet
entretien s’est tenu début
mars. Ndlr), alors que c’est
ce texte qui va véritablement
donner le coup d’envoi de l’évaluation
pour le 1er juillet 2005, parait-il.
Que dit ce
projet de décret qui, dans
le cadre de la concertation générale,
a été soumis aux unions
pour avis?
Dr. J.F.T.: Le texte
confie toute la maîtrise d’œuvre
et d’ouvrage des procédures «méthodes
d’évaluation » à la
HAS. Les unions seront les guichets
uniques d’offre de programmes
d’évaluation pour les
libéraux, elles proposeront
soit la méthodologie URML, c'est-à-dire
l’EPP avec des médecins
habilités, soit une autre méthodologie
validée par la HAS, mise en œuvre
sur le terrain par un organisme agréé par
la HAS mais toujours avec la participation
de médecins habilités
d’une manière ou d’une
autre.
Trois niveaux
et cinq ans.
Qu’en
sera-t-il pour les médecins
spécialistes libéraux
exerçant en établissement?
Dr. J.F.T: Pour
ce qui concerne ces confrères,
il y a trois niveaux. Le premier, c’est
l’évaluation individuelle
ou collective : l’EPP, le deuxième
concerne les procédures d’accréditation
(ex habilitation) des professionnels
exerçant dans des équipes à risque,
qui devront se conformer à un
cahier des charges qui n’est
pas encore écrit par l’HAS.
Enfin, le troisième niveau,
c’est la certification (ex accréditation)
des établissements qui doit être
mise en œuvre par la CME avec
l’URML. Pour résumer :
un spécialiste libéral
qui travaille dans un établissement
pourra avoir fait son évaluation
soit à un niveau individuel,
soit au travers de l’accréditation « équipe à risque »,
soit dans le cadre de la certification
de l’établissement avec
la CME, celle-ci étant chargée
de colliger les certificats des praticiens
pour les apporter à l’équipe
visiteuse de la HAS.
S’agira-t-il
d’un contrôle continu
ou d’une sorte d’examen
réalisé à un
moment donné?
Dr. JFT: La
HAS a trois missions : définir
les méthodes et les procédures
de l’évaluation, agréer
les organismes et enfin, déterminer
le barème de l’évaluation,
c'est-à-dire déterminer
ce que doit faire un praticien, dire à quel
type d’évaluation le praticien
doit se soumettre lors de cette période
qui était de quatre ans, mais
est passée à cinq ans
pour « coller » avec l’obligation
quinquennale de FMC. S’agira-t-il
d’une EPP tous les ans, d’une
EPP plus une autre procédure
d’évaluation éventuelle – connaissance,
compétence, etc.. ? Aujourd’hui,
les cartes ne sont pas jouées,
je ne peux pas vous dire en terme de
validation, le nombre d’EPP qu’il
faudra avoir. Cela posé, nos
moyens ne nous permettront pas d’en
faire plus d’une tous les cinq
ans. Peut-être y aura-t-il des
exigences supérieures dans les établissements,
en fonction du niveau de risque de
l’exercice des praticiens ? On
peut imaginer que ces équipes
soient obligatoirement incluses dans
une procédure d’évaluation
permanente mécanismes de sinistralité,
observatoire), mais il ne faut pas
charger la barque des confrères.
Toutefois, je suis dans le même état d’esprit
que la HAS pour qui la démarche d’évaluation
doit se comprendre en continu, comme une procédure dans
laquelle on entre, en parfaite intrication avec la FMC.