3.
MAITRISE MEDICALISEE DE L'EVOLUTION DES DEPENSES
Les parties signataires conviennent
que le caractère universel, obligatoire
et solidaire de l'Assurance Maladie ne pourra
perdurer qu'au prix d'une action volontariste
et résolue impliquant l'ensemble du corps
médical dans un effort collectif visant à favoriser
le bon usage des soins et le respect des règles
de la prise en charge collective.
Les partenaires conventionnels
considèrent que les médecins généralistes
et les médecins spécialistes, qu'ils
soient traitants ou correspondants, ont une responsabilité commune
dans la mise en œuvre de cet effort collectif.
Les premiers ont vocation à soigner en
première intention, à conseiller
leurs patients dans leur orientation dans le
parcours de soins et, partant, à contribuer
d'une façon décisive à la
maîtrise médicalisée de l'évolution
des dépenses de santé. Les seconds
y contribuent pour leur part selon les spécificités
de leurs interventions et de leur pratique professionnelle.
A côté des dispositifs
structurels introduits par la loi de réforme
de l'Assurance Maladie tels les parcours de soins
coordonnés, le dossier médical
partagé, les aides à l'installation
dans les zones difficiles, la généralisation
de l'évaluation des pratiques professionnelles,
les parties signataires décident de développer
la maîtrise médicalisée conventionnelle
autour des objectifs complémentaires suivants
:
Etendre
le champ des recommandations de bonne pratique à l'ensemble
des soins faisant l'objet d'une prise en charge
collective.
A cet effet, les parties conviennent
d'établir chaque année une liste
d'activités médicales à soumettre à la
Haute Autorité de Santé en vue
de l'établissement de références
médicales opérationnelles.
Développer
l'information des praticiens et des patients
sur les règles de prise en charge collective,
dès lors qu'elles touchent au taux de
remboursement de certaines prestations ou à la
fréquence de réalisation de certains
actes.
Parvenir à une
inflexion significative des dépenses de
remboursement de certains produits de santé dès
lors que, en comparaison avec des pays comparables
au plan sanitaire, les évolutions constatées
apparaissent manifestement sans rapport avec
des besoins de santé.
A cet effet, les parties s'accordent
sur la nécessité de construire
un dispositif conventionnel innovant reposant
sur les principes suivants :
- un engagement des partenaires
sur des objectifs quantifiés et régionalisés,
- une définition annuelle des thèmes et objectifs de maîtrise,
- un suivi paritaire et décentralisé.
3.1.DES
ENGAGEMENTS SUR DES OBJECTIFS QUANTIFIES ET
REGIONALISES
3.1.1.Choix
des thèmes et portée
Ces engagements, qui s'appuient
sur le constat de la nécessaire optimisation
des dépenses de santé, peuvent
avoir un caractère annuel ou pluriannuel.
Ils sont chiffrés en termes d'objectifs
quantifiés, suivis sur la base d'indicateurs
et traduits en termes d'économies attendues.
Ils permettent ainsi de situer le champ et le
montant des dépenses de soins de ville
que les parties conviennent de gérer de
façon concertée.
3.1.2.Nature
des engagements
Sur chacun des thèmes
retenus, les engagements conventionnels peuvent
répondre aux objectifs suivants:
Réduire
des écarts de consommation de soins et
de prestations non expliqués par l'état
sanitaire des populations observées. Après
correction des variations liées notamment
aux caractéristiques des populations ou
de l'offre, les engagements peuvent porter sur
la réduction de disparités régionales
inexpliquées. Ils peuvent porter également
sur la réduction de surconsommations au
regard de constats dans des pays comparables.
Optimiser
des pratiques de diagnostic ou de soins, notamment
par le respect de recommandations et/ou de stratégies
moins onéreusesà efficacité comparable.
Les engagements prennent alors la forme d'accords
de bon usage des soins au sens de l'article L
162-12-17 du code de la sécurité sociale.
Renforcer
le respect des dispositions législatives
et réglementaires relatives aux conditions
de prise en charge des actes et prescriptions
(indications remboursables, conditions de réalisation,
relation avec ALD,…).
3.1.3.Des
objectifs quantifiés
Sur la base d'un constat initial,
les parties définissent pour chaque engagement
ou accord de bon usage:
- un objectif quantifié d'évolution des dépenses,
- des indicateurs de mesure répondant aux exigences de fiabilité,
de robustesse et de reproductibilité.
3.2.UNE
DEFINITION ANNUELLE DES THEMES ET OBJECTIFS
DE MAITRISE MEDICALISEE
Chaque année avant le
15 décembre, les syndicats médicaux
signataires et l'UNCAM définissent, par
voie d'avenant au présent texte conventionnel,
les nouveaux objectifs des thèmes déjà déterminés
ainsi que, le cas échéant, les
nouveaux thèmes d'engagements de maîtrise
médicalisée pour l'année
suivante.
L'avenant annuel pourra également
prévoir les modalités selon lesquelles
une partie des dépenses effectivement évitées
pourra être utilisée pour valoriser
la rémunération des actes médicaux.
La définition des thèmes
d'engagements de maîtrise intéressant
d'autres professions de santé est réalisée
en concertation avec les syndicats signataires
de leur convention nationale.
Pour l'année 2005, les
parties retiennent comme thèmes de maîtrise,
avec des économies attendues de 998 millions
d'euros :
Sous forme d'engagements de
maîtrise médicalisée :
- un infléchissement de 10% des montants tendanciels 2005 de la
prescription des antibiotiques (91 millions d'euros d'économies),
- un infléchissement de 10% des montants tendanciels 2005 de la
prescription des anxiolytiques et des hypnotiques, (33 millions d'euros
d'économies),
- une baisse de 1,6% des montants tendanciels 2005 de la prescription
d'arrêts de travail (150 millions d'euros d'économies),
- un infléchissement de 12,5% des montants tendanciels 2005 des
remboursements (prise en charge collective) de statines (161 millions
d'euros d'économies),
- un meilleur respect de la réglementation de l'ordonnancier bizone
et des feuilles de soins permettant une juste attribution des dépenses
sans rapport avec une affection de longue durée à hauteur
de 5 points (455 millions d'euros d'économies) ;
Sous forme d'accords de bon
usage de soins (AcBUS) :
- l'efficience des prescriptions d'anti-agrégants plaquettaires
(23 millions d'euros d'économies),
- le bon usage des examens biologiques explorant la fonction thyroïdienne
(15 millions d'euros d'économies),
- la pratique de la coloscopie après polypectomie (15 millions
d'euros d'économies).
Un engagement des médecins à augmenter
la prescription des médicaments génériques
sera proposé par l'UNCAM, dans l'objectif
d'atteindre une économie complémentaire
de 55 millions d'euros d'économies.
Enfin, les parties entendent
aborder la question des prescriptions de transports
en 2005, en concertation avec les syndicats signataires
de la convention nationale des transporteurs
sanitaires.
Est joint en annexe à la
présente convention, le tableau présentant
les déclinaisons régionales des
engagements de maîtrise médicalisée
pour l'année 2005.
3.3.UN
SUIVI PARITAIRE ET DECENTRALISE
L'atteinte des objectifs fixés
dans chacun des accords ou engagements de maîtrise
médicalisée ne peut s'envisager
sans une implication forte des instances conventionnelles.
Chacune dans leur domaine de compétence, les commissions conventionnelles
nationales, régionales et locales sont les principaux acteurs
de la mise en œuvre et du suivi des engagements de maîtrise
médicalisée.
Au niveau national :
En
ce qui concerne la maîtrise médicalisée,
la commission paritaire nationale (CPN) arrête
les thèmes des engagements et des accords
de bon usage nationaux. Pour chacun d'eux, elle
détermine les objectifsà atteindre
et propose les mesures d'accompagnement jugées
nécessaires.
Elle
assure le pilotage de la maîtrise médicalisée
conventionnelle.
Elle
se prononce sur les projets d'accords de bon
usage régionaux qui lui sont soumis
par l'UNCAM.
Au
vu des tableaux de bord qui lui sont régulièrement
fournis, elle analyse la situation des différentes
régions au regard des objectifs prévus
et propose toute mesure de nature à tenir
les objectifs fixésà chaque région.
Au niveau régional :
Concernant
la maîtrise médicalisée,
la commission paritaire régionale (CPR) établit
un diagnostic de la situation de la région
au regard des objectifs à atteindre.
Au
vu des tableaux de bord transmis par l'URCAM,
elle assure le pilotage régional du
suivi des engagements et propose toute mesure
de nature à tenir les objectifs fixés à la
région.
Elle
coordonne les actions d'information et de communication
vers les médecins et vers les assurés.
Elle
tient informée la CPN des actions entreprises
et, le caséchéant, des difficultés
rencontrées dans la région.
Le niveau local constitue le niveau opérationnel
de la maîtrise médicalisée.
Concernant
la maîtrise médicalisée,
la commission paritaire locale (CPL) définit
un plan d'action adapté aux constats effectués
pour le département.
Elle
organise toute forme de communication collective
envers les praticiens et les assurés.
Elle
analyse de façon régulière
les tableaux de bord de suivi des engagements
et décide de toute mesure visant à permettre
l'atteinte des objectifs fixés au département.
Elle
s'appuie sur la formation " médecins " pour
toute mesure de caractère médical.
Elle
décide des modalités d'information
des médecins libéraux pour lesquels
des écarts sont constatés par
rapport aux engagements collectifs.
Réunie en " formation médecins ",
la CPL :
recueille,
en tant que de besoins, tous éléments
d'information auprès des praticiens
dont la pratique présente des atypies
au regard des engagements conventionnels de
maîtrise,
adresse
les mises en garde qu'elle estime nécessaires
et en informe le directeur de la Caisse,
élabore à l'attention
de la CPR toute proposition visantà renforcer
l'efficacité du dispositif d'accompagnement
collectif ou individuel.
|