Afin de préserver le
caractère universel, obligatoire et solidaire
de l'Assurance Maladie auquel ils sont attachés,
l'Union Nationale des Caisses d'Assurance Maladie
et les syndicats représentatifs des médecins
libéraux entendent contribuer, chacun pour
sa part, à la qualité des soins et
au bon usage des ressources qui lui sont consacrées
par la Nation.
Pour ce faire, le présent
texte vise à améliorer la coordination
des soins, qui est le gage de la qualité des
soins dispensés. La volonté de
ses signataires est de préserver, voire
d'améliorer, les conditions d'accès
aux soins des assurés sociaux. La liberté de
choix des patients doit pouvoir s'exprimer à toutes
les étapes de la démarche qui est
proposée en vue d'une meilleure coordination
des soins.
Les parties s'engagent ensemble
sur la voie d'une régulation médicalisée
des dépenses de santé, s'appuyant
sur des référentiels médicaux
scientifiquement validés. Conscient de
la gravité de la situation financière
de l'Assurance Maladie, leur objectif est d'améliorer
l'efficience de notre système de soins.
Leur principe, de permettre aux médecins
de soigner mieux en dépensant mieux.
Améliorer
la coordination et la qualité des soins
La loi n°2004-810 du 13
août 2004 relative à l'Assurance
Maladie confie aux partenaires conventionnels
l'organisation du suivi médical du patient,
sur la base de son dossier médical personnel,
tenu et géré par le médecin
traitant qu'il a choisi. Elle les charge également
de définir les modalités de l'accompagnement
du patient, tout au long de son parcours dans
le système de soins, à partir du
médecin traitant qui l'oriente vers d'autres
soignants lorsque son état de santé le
requiert. Dès lors, les parties signataires
du présent texte s'entendent pour considérer
que le médecin traitant a vocation à être
le plus souvent un médecin généraliste.
L'objectif de ces deux dispositifs est de garantir
la qualité des soins, par une organisation
et une utilisation plus cohérentes du
système de santé, résultant
d'une structuration plus explicite des soins
de première et de seconde intentions.
Le médecin traitant devient
le spécialiste du premier recours, s'appuyant
sur un réseau de professionnels de santé,
en ville ou à l'hôpital, qu'il sait
pouvoir consulter sur les différents aspects
de la prise en charge diagnostique ou thérapeutique
de son patient. Ses interventions, en particulier
celles de première intention, contribuent
de façon déterminante à la
continuité ainsi qu'à la qualité des
soins et des services apportés à la
population. La prévention et l'éducation
thérapeutique trouvent naturellement place
dans le colloque singulier. La répétition
d'actes redondants devient l'exception.
Parce que l'amélioration
de la qualité des soins est associée à la
coordination du parcours médical du patient,
les parties signataires définissent un
dispositif coordonné qui est incitatif
pour le patient comme pour ses praticiens.
Préserver
et améliorer l'accès aux soins
Pour les médecins conventionnés à tarifs
opposables, les parties signataires garantissent
cette opposabilité des tarifs tout au
long du parcours de soins coordonnés,
lorsque le patient a recours à son médecin
traitant, mais aussi lorsque celui-ci l'adresse
vers un autre praticien, en général
un spécialiste. Les médecins conventionnés à honoraires
différents se voient proposer de choisir
la coordination, en exerçant une partie
de leur activité sur la base de tarifs
opposables ou maîtrisés, dans le
cadre du parcours de soins coordonnés
et dans les conditions définies par les
parties signataires.
En partenariat avec les syndicats
représentatifs de la profession médicale,
l'Assurance Maladie veille à la continuité, à la
coordination et à la qualité des
soins offerts aux assurés sociaux, ainsi
qu'à la répartition homogène
de cette offre. A cette fin, en complémentarité avec
les textes réglementaires, les parties
signataires souhaitent s'investir dans le chantier
de l'amélioration de la répartition
de la démographie médicale sur
l'ensemble du territoire, par l'attribution d'aides à l'installation
dans les zones sous-médicalisées,
afin de garantir le maintien d'une offre de soins
de proximité face aux évolutions
démographiques à venir.
Dans l'attente d'un avenant
conventionnel relatif à la permanence
des soins, les parties s'entendent pour considérer
qu'il convient d'optimiser l'intervention des
professionnels libéraux la nuit, et notamment
de laisser les partenaires locaux organiser la
permanence des soins ambulatoire en seconde partie
de nuit, en cohérence avec l'ensemble
des ressources disponibles au niveau local, afin
de garantir leur bonne utilisation.
Pour répondre à l'obligation
légale, pour les praticiens, de suivre
une formation continue, les parties signataires
entendent renforcer les moyens consacrés à la
formation professionnelle conventionnelle. Pour
répondre à l'obligation légale
de s'inscrire dans une démarche d'évaluation,
elles accompagnent également, dans le
cadre de la convention, le chantier de l'évaluation
des pratiques professionnelles. L'amélioration
de la pratique médicale s'appuiera sur
ces deux dispositifs. Elle passera, en outre,
par le développement de l'éducation à la
santé et de la prévention dans
la médecine de première intention,
dans le cadre d'une politique contractuelle de
formation, d'évaluation ainsi que de définition
de protocoles de soins et de référentiels.
Elle s'inscrira enfin dans une approche interprofessionnelle,
conduite avec les syndicats signataires des conventions
nationales des différentes professions
de santé.
Respecter
le libre choix du patient
Les signataires de la convention
considèrent que la liberté de choix
du patient doit être préservée.
Elle doit l'être notamment à toutes
les étapes de la démarche de coordination,
y compris dans le cas de soins faisant l'objet
d'un protocole. Le parcours de soins coordonné est
une option proposée à tout patient,
fondée sur la confiance qu'il accorde à son
médecin dans la durée.
Le libre choix du médecin
traitant prévaut, comme la possibilité d'en
changer à tout moment. Le libre choix
existe également pour le ou les spécialistes
amenés, le cas échéant, à intervenir
dans le parcours coordonné. Le patient
peut recourir, sans prescription préalable
de son médecin traitant, à certaines
spécialités et dans certaines circonstances.
Le patient peut choisir un médecin spécialiste
comme médecin traitant. Enfin, le patient
peut consulter un médecin qui n'est pas
son médecin traitant, ou vers lequel son
médecin traitant ne l'a pas orienté,
en dehors de tout parcours de soins coordonnés.
Les partenaires s'engagent à préserver
une médecine libérale et à ne
pas promouvoir une médecine de caisse.
Assurer
une perspective d'avenir aux médecins
libéraux
En premier lieu et compte tenu
de la volonté d'organiser le système
des soins primaires et secondaires, les parties
signataires conviennent de reconnaître
le rôle de chaque intervenant du parcours
de soins coordonnés, et de valoriser ses
fonctions - en tenant compte des évolutions
de la formation initiale de manière à donner
aux jeunes générations une lisibilité sur
leur avenir professionnel. |