Les médecins, tout comme les observateurs extérieurs,
doivent avoir beaucoup de mal à comprendre ce
qui s'est passé ces derniers mois et surtout
ces derniers jours.
Ils pourraient ne retenir que l'aspect financier :
les médecins ont gagné un Euro, un de
plus… et dans le contexte économique actuel
c'est pas mal.
Oui, les généralistes ont obtenu une
revalorisation programmée de 1 Euro au premier
Août (ce qui est une avancée extraordinaire
par rapport à la proposition des Caisses qui
la proposaient au premier Septembre, seuls les médecins
travaillant en Août pourront apprécier
cette avancée).
Certains penseront que se battre pour quelques mois
ce n'est pas grave. Mais nous avions aussi demandé un
calendrier pour l'obtention du C à 23 €,
et là refus obstiné et courroucé de
l'UNCAM. Tous ceux qui prétendent le contraire
mentent, car il y a bien eu un refus catégorique
d'inscrire ce montant et cette date de manière
claire.
Tout retard apporté à la revalorisation
du C compromet sa revalorisation à 23 € et
de ce fait, il faut savoir que les médecins
généralistes ne seront pas prêts
d'obtenir le C à 23 Euros en 2007, sauf à croire
aux promesses comme pour le secteur optionnel. Et la
non revalorisation du C à 23 Euros entraînera
des conflits sans fin lors de la mise en route de la
CCAM Clinique (si elle voit le jour). Par ailleurs,
compte tenu des difficultés de mise en œuvre
de la CCAM Technique et de la montée en charge
de celle-ci, ont peut craindre que la valeur cible
ne soit pas atteinte de si tôt.
Si les médecins ont obtenu une augmentation
de un Euro c'est bien grâce au forcing du SML, à sa
fermeté, à sa constance dans la demande
et dans l'engagement de ses actions (je n'en ai pas
vu d'autres mises en œuvre, sinon de façon virtuelle
par certains, alors même qu'ils négociaient
dans l'ombre une signature rapide, et à quel
prix…).
Les généralistes ayant obtenu un Euro
de plus, les spécialistes obtiennent que le
C2 passe à 42 Euros, et que toutes les rémunérations
ayant comme base le C augmentent de 5%. En cela le
SML avait raison d'exiger cette revalorisation et de
focaliser son action médiatique sur ce point.
Il s'agit là de l'un des seuls aspects positifs
de l'accord, obtenu rappelons le grâce à la
constance du SML.
En ce qui concerne les spécialités
dites perdantes, nous estimons que le compte n'y est
pas, que les sommes affectées à la compensation
sont notoirement insuffisantes et qu'il n'y pas de
véritables perspectives sur ce point hormis
le fait que l'UNCAM a admis une clause de revoyure,
mais sans date explicite et sans réelle implication
des partenaires conventionnels dans la communication
sur le parcours de soins. Nous avions raison de nous
méfier sur ce point car dans le protocole proposé à la
signature il est précisé en point 1 « Les
parties signataires conviennent de réaliser,
dans le courant de l'année 2006, un bilan
des conditions d'accès aux soins des assurés
aux soins coordonnés à tarifs opposables
ou maîtrisés et s'entendent pour étudier
les mesures susceptibles de garantir à l'ensemble
des assurés cet accès. ».
En un mot le parcours de soins devient surtout un parcours
d'opposabilité des tarifs. Et la mise à l'index
du secteur II est acceptée par la CSMF. A noter
que la revalorisation pour les enfants de 2 à 6
ans n'est valable que pour les secteurs 1 !!!!!!! Pour
les enfants de 0 à 2 ans dans la convention
la majoration est accessible aux deux secteurs, et
en 2002 la majoration pour les pédiatres était
valable aussi pour tous les secteurs, grâce au
SML. Lors du RCM de 2003, la CSMF avait accepté le
distinguo pour la MPC et nous n'avons rien pu faire
pour changer cette donne. La MPC et la MCS ne sont
possibles que pour les secteurs 1.
J'estime en mon âme et conscience qu'il s'agit
de la part du syndicat signataire d'erreurs importantes
(après le RCM en 2003, ce syndicat persiste
dans ses errements). Tout d'abord il signe de façon
précipitée un avenant alors même
que la grogne des médecins commençait à se
faire sentir. Ce syndicat a eu peur que la grogne se
retourne contre lui et s'est vautré dans les
négociations en signant, en outre, un avenant
pour les deux ans à venir, espérant couper
l'herbe sous le pied à toute contestation. Il
s'agit là de la même erreur que celle
de MG-France en 2002, lorsque cette organisation avait
signé le C à 18,5 € en pleine grève
des gardes. On sait comment cela a fini pour ce syndicat.
Le SML a pris des risques importants en ne signant
pas car il passe pour l'empêcheur de tourner
en rond et certains pourraient croire qu'il s'agit
d'une simple manœuvre électorale. En fait nous
défendions l'honneur des médecins, nous
voulions obtenir une juste revalorisation pour les
Généralistes et pour les Spécialistes,
et une juste compensation des pertes pour ceux qui
avaient été affectés non seulement
par la mise en route du parcours de soins, mais surtout
par la communication calamiteuse des Caisses. Celles-ci
veulent mettre un parcours de tarifs opposables et
cela n'avait jamais été validé par
le SML, alors on le contourne.
Il est important que les médecins intègrent
que c'est bien grâce à l'action du SML
que certains donnent l'impression d'avoir obtenu une
augmentation du C. Mais l'obtenir dans ces conditions
ce n'est pas glorieux (oh que non !). Nous avons
préféré rester la tête haute
et savoir dire : Stop, on ne va plus loin que
si la revalorisation des actes est au rendez-vous en
cash et non en promesses, tant immédiatement
que pour 2007, et si la confiance revient, ce qui est
loin d'être le cas. D'autres ont adopté une
autre stratégie parce qu'ils se croient majoritaires.
Les élections aux URML, plus que jamais sont
capitales. Avec une organisation qui fait le matamore
et se dégonfle comme une baudruche tout est à craindre
pour l'avenir.
Nous aurons l'occasion de reparler de tout cela, mais
avant de prendre un peu de recul, grâce à des
congés que j'estime mérités, je
tenais à vous adresser ce courrier.
Dr Dinorino CABRERA
Président
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l'avenant n° 12  |