Chambre Syndicale des Médecins du Val d'Oise : CSMVO




SANTÉ

Sécurité Sociale ou Assurance Maladie ?

Dr Pierre SOUMARMON secrétaire du SML 95 (27 janvier 2008)

La confusion des genres, le besoin de sécurité créent les paradoxes dans les esprits et les institutions.

Les intervenants:

  1. l'assurance maldie
  2. les assurances complémentaires
  3. les besoins et les attentes des malades
  4. les personnes en difficulté sociale
  5. les métiers des professions de santé
  6. la responsabilité des politiques
  7. le rôle des administrations
  8. le rôle des médias
  9. les syndicats médicaux multiples
  10. la pression des lobbies
ont chacun leur point de vue, les aspirations, leurs finalités:

Tous ces éléments créent une cacofonie inextricable,

Le rôle de chacun.

L'assurance maladie

  • Devrait permettre aux malades d'être soignés au mieux des connaissances actuelles de la médecine, sans laisser de côté une partie de la population
  • mais elle a des moyens financiers limités, qui pourtant grèvent le budget d'une majorité de citoyens et d'entreprises. Ces prélèvements pèsent sur le dynamisme du Pays.
  • l'objectifs d'une meilleures santé possible pour chacuns sont loins d'être atteint, Il est necessaire de mieux soigner les hypertendus, les diabétiques, mieux prévenir les cancers, mieux soulager la douleur, mieux veiller sur les séniors, mieux protéger les enfants, tout en respectant le choix éclairé de chacun, réduire les accidents de la route, réduire les addictions.

Les assurances complémentaires

  • complètent le remboursement de la sécurité sociale, mais en générale ne prennent pas en charge ce que la sécurité sociale ne rembourse pas. Cependant des contrats particuliers remboursent l'optique, les soins dentaires, les chambres particulières en hospitalisation. Une majorité de mutuelles se limite au strict minimum possible, sans pour autant satisfaire leurs cotisants.
  • Un audit des complémentaires santé à but non lucratif (dites mutuelles) paraît indispensable.

Les besoins et les attentes des malades

  • Toutes les demandes de consultation, de soins sont prises en charges pour les assurés sociaux: maladies, accidents, inconforts réels ou ressentis, les difficultés de la vie (quelle soit personnelle, familiale, professionnelle, relationnelle) sans distinction. La plupart des recours aux soins semblent justifiés. Mais tous ne sont pas du ressort de la maladie. Nombreux sont de nature sociale, de confort, de défaut d'éducation, dûs à la mode, aux informations médiatiques, aux erreurs d'interprétation. A côté de cela pour d'autres la peur, l'appréhention, l'ignorance rendent le recours aux soins parfois trop tardif.
  • La médiatisation et l'information mal comprise, le défaut d'éducation critique, aboutissent à des comportement inappropriés concernant le recours aux soins.
  • Un effort durable d'éducation, de développement de l'esprit critique, d'information est nécessaire. Il doit se faire en continu pour toutes les générations et commencer au plus jeune âge.

Les personnes en difficulté sociale

  • Sont souvent fort dépourvues. Les professionnels de sante sont souvent sollicités, parfois aussi dépourvus que leurs patients.
  • Les services sociaux ont peu de moyens. Il est fréquents d'avoir à repondre à des demandes urgentes lorsque les services sont fermés.
  • Les delais d'interventions peuvent être interminables: Protection des personnes en danger trouvant une solution dans des delais dépassant plusieurs mois.
  • Les associations caritatives et d'aide aux personnes en difficulté ont beaucoup à faire et ne peuvent pas toujours soulager les détresses.

Les métiers des professions de santé

  • Sont très stratifiés dans leurs rôles respectifs.
  • Beaucoup sont très limités dans leur disponibilité: delai de rendez-vous, demandes en dehors de leurs possibilités et de leur compétence, temps limité.
  • Démande en dehors du champs de leur statut professionnel.
  • Interprofessionnalité souvent impossible et rarement organisée.

La responsabilités des politiques

  • Les politiques se sont saisis du champs de l'assurance maladie car l'ampleur des déficits passés et présents, les besoins de financement, le pouvoir représenter par les sommes en cause était un besoin et possiblement une aubaine.
  • Mais les strutures de gestion remontant aux années 1950 sont restées en place. Elle gèrent en interprétant les lois et règlements avec parfois des écarts divergeant du législateur ou des règlements. Ce qui aboutit à des « non résultats », des lourdeurs, des retards.

Le rôles des administrations

  • Toute loi, tout règlement, tout arbitrage peut être facteur de délai pour la mise en route d'une politique.
  • Les institutions sont multiples, parfois contradictoires.
  • Il est fréquent de voir une administration bloquer une décision d'administrateurs par absence de réponse ou par refus d'une logique qui pourtant semble totalement évidente.
  • La complexité est souvent la règle. Le maquis des lois est un labyrinte pour la plupart des citoyens, comme des décideurs.
  • Ceci est facteur de ralentissement voir de blocage.

Le rôles des médias

  • La médiatisation (journaux, télévision, radios, agences de presse, Intenet) aiment beaucoup le sensationnel, le scoop du jour, le hors du commun..
  • les vrais journalistes d'investigations sont rares.
  • La confusion entre exposé des faits et commentaires est malheureusement une règle fréquente.
  • Pour d'autres la simple lecture des communiqués de presse est parfois leur seul travail.
  • Se servir des médias est devenu une spécialité de beaucoup, mais le filtre de la logique et de l'esprit critique manque cruellement dans de nombreux médias et comme dans le public visé.
  • La répétition (le martellement) d'une information la rend crédible (voir le marketing de certains produits utilisant le « vu à la TV ») (écouter les chaînes d'information en continu: radio et TV).
  • L'expression d'un avis non majoritaire est rejeté à moins qu'il ne soit sensationnel.

Les syndicats médicaux multiples

  • La multiplicité des syndicats médicaux est le reflet du morcellement des particularismes de la société et de la médecine.
  • Certains syndicats sont issus de l'Ego personnel très fort d'individus,
  • Pour d'autres ils sont dus au morcellement des situations particulières qui ne trouvent pas leur représentation dans l'existant.

La pression des lobbies

Le lobying est une caractéristique forte de notre époque. Tout le monde participe à un lobby:

  • les travailleurs
  • les cadres
  • les patrons
  • l'industrie
  • les agriculteurs
  • les pêcheurs
  • les médecins
  • les pharmaciens
  • les écologistes
  • les fonctionnaires
  • les enseignants
  • les étudiants
  • les cheminots
  • les contrôleurs aériens
  • etc...

Au total

  • Il est nessaire de simplifier tout et tout, de considérer l'intérêt général et d'éviter toute exception qui n'en est pas une.
  • Les regroupements, les allègements de structure, le raccourccissement des prises de décision, sont une nécessité pour l'efficacité de notre socité, une source d'économie et d'efficience.
  • En matière de santé, comme pour l'ensemble de la vie dans notre socité, il faut :
  • Définir ce qui est du ressort de la santé et du ressort du social, ainsi que leur financement respectif.
  • Définir une hiérachie des priorités, définir le rôle de chaque institution, ses limites et ses compétences.
  • libérer les assurances complémentaires du préalable qu'est le remboursement par la sécurité sociale
  • Prendre essentiellement en compte l'expérience des gens de terrain et non les idéologues.
  • Obliger au respect des règles et d'éviter les dysfonctionnements et les écarts par rapport aux missions.
  • Veiller au respect des délais et des résultats.
  • Donner une très forte impulsion à l'éducation sur une très longue durée. La logique, la pertinence, l'esprit critique doivent être les buts recherchés.
  • Chacun doit en être le bénéficiaire : la population, le Pays, les professionnels de santé inclus.

L'ensemble de ceci nécéssite de sérieuses remises en question,
dont l'arrêt du « campement » sur les droits acquis.

Ce n'est qu'à ce prix, accompagné d'une forte dose de dynamisme, d'enthousiasme et de résolution
que nous pourrons progresser.



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