Chambre Syndicale des Médecins du Val d'Oise : CSMVO




Le nouveau régime des heures supplémentaires

mis en ligne le 21 décembre 2007

À compter du 1er octobre 2007, et pour tous les Cabinets quelle que soit leur taille, sauf accord collectif contraire, les huit premières heures supplémentaires sont majorées de 25%. L'accord de branche doit fixer le contingent annuel dont dispose l'employeur; à défaut, ce contingent est de 220 heures / an / salarié. Toute heure supplémentaire effectuée s'impute sur ce contingent.

* Le principe des heures supplémentaires

Toute heure travaillée au-delà de 35 heures par semaine est une heure supplémentaire qui doit donner lieu à une majoration de salaire. Le taux de cette majoration est fixé par une convention ou un accord de branche étendu ; il ne peut être inférieur à 10 %.

À défaut de convention ou d'accord, chacune des huit premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e heure) donne lieu à une majoration de 25 % ; les heures suivantes à une majoration de 50 %.

Lors du passage aux 35 heures, un régime dérogatoire avait été accordé aux Cabinets de 20 salariés et moins. Pour ceux-ci, les quatre premières heures supplémentaires (de la 36e à la 39e heure) n'étaient légalement majorées que de 10% au lieu de 25%, et cela jusqu'au 31 décembre 2008.

Ce régime dérogatoire est supprimé à compter du 1er octobre 2007.

Rappelons que l'employeur dispose librement d'un contingent annuel d'heures supplémentaires.

Ce contingent est fixé par accord de branche étendu (à défaut, il est fixé par décret). Il n'a pas été modifié : il reste de 220 heures par an et par salarié.

Le régime dérogatoire applicable aux petites entreprises, qui permettait de n'imputer sur ce contingent que les heures supérieures à la 36e heure, est également supprimé.

* La mise en œuvre des heures supplémentaires

Désormais, quelle que soit la taille du Cabinet, toute heure supplémentaire donnant lieu à un paiement majoré doit être décomptée du contingent annuel.

Lorsque le contingent annuel est épuisé pour un salarié, toute heure supplémentaire effectuée par ce salarié doit être autorisée par l'inspection du travail et ouvre droit, pour le salarié, à un repos compensateur obligatoire (en plus du paiement majoré).

Un accord collectif de branche étendu ou un accord d'entreprise peut permettre aux salariés qui le souhaitent d'effectuer des heures supplémentaires au-delà du contingent légal ou conventionnel. Cet accord, appelé « accord de temps choisi », doit préciser les conditions dans lesquelles ces >heures sont effectuées, fixer La majoration de salaire à laquelle elles donnent lieu (minimum 10 %) et, le cas échéant, les contreparties éventuellement accordées (par exemple en termes de repos).

Ces heures ne sont pas soumises à l'autorisation de l'inspection du travail et n'ouvrent pas droit au repos compensateur légal.

La loi du 31 mars 2005 a prévu (mais ce n'est qu'un régime transitoire qui prendra fin le 31 décembre 2008), que, en l'absence de compte épargne-temps, les salariés des Cabinets de 20 salariés au plus puissent, en accord avec leur employeur, renoncer à une partie de leurs jours de RTT (dans la limite de 10 jours par an). Les jours de travail ainsi effectués sont des heures supplémentaires qui donnent lieu à la majoration de salaire légale (mini 10 %), mais ne s'imputent pas sur le contingent annuel d'heures supplémentaires. Le cadre de la semaine peut aussi être élargi par accord collectif. Le décompte du temps de travail peut en effet se faire dans le cadre :

- d'un cycle : le cycle est une période brève, multiple de la semaine, au sein de laquelle la durée du travail est répartie de façon fixe et répétitive. Sont alors considérées comme heures supplémentaires celles qui dépassent en moyenne la durée légale du travail sur le cycle ;

- d'une modulation : la durée du travail est répartie sur tout ou partie de l'année avec des périodes de haute activité et des périodes de basse activité.

Sont ici considérées comme heures supplémentaires toutes les heures qui dépassent, en cours de modulation, la durée hebdomadaire fixée comme plafond par l'accord et, en fin de modulation, les heures qui excèdent 1607 heures sur l'année (ou, selon les cas, un plafond moindre fixé par l'accord ou encore une moyenne de 35 heures hebdomadaires) ;

- des jours de RTT : dans ce cadre, l'employeur laisse les salariés à un horaire compris entre 35 et 39 heures par semaine, mais toutes Les heures effectuées au-delà de 35 heures hebdomadaires sont cumulées et compensées par des journées ou demi-journées à prendre sur 4 semaines ou sur l'année. Les heures supplémentaires sont toutes les heures effectuées au-delà de 39 heures au cours d'une semaine civile et/ou toutes les heures qui excéderont 35 heures en moyenne durant la période retenue pour la RTT.

ATTENTION, NE PAS CONFONDRE AVEC LES HEURES COMPLÉMENTAIRES !

Les heures complémentaires sont des heures de travail qu'un employeur demande à un salarié embauché à temps partiel d'effectuer au-delà de la durée de travail prévue dans son contrat.

Le nombre d'heures complémentaires effectuées par un salarié à temps partiel ne peut être supérieur au dixième de la durée hebdomadaire ou mensuelle de travail prévue à son contrat (C. trav., art. L. 212-4-3). Une convention ou un accord collectif de branche étendu peut toutefois porter cette limite jusqu'au tiers de la durée du travail stipulée au contrat.

Elles ne donnent pas lieu à une majoration de salaire, sauf celles éventuellement accomplies au-delà du plafond de 1/10e de la durée contractuelle. Les heures effectuées au-delà des 10 % (et dans la limite de 1/3) donnent lieu à une majoration de salaire de 25 %.

Les heures complémentaires ne peuvent avoir pour effet de porter la durée du travail effectuée par un salarié à temps partiel à un niveau égal ou supérieur à la durée légale du travail (ou à la durée conventionnelle si celle-ci est inférieure).

Un salarié à temps partiel ne peut donc, en principe, pas faire d'heures supplémentaires ; mais il peut effectuer des heures complémentaires sauf s'il se trouve dans le cas exceptionnel du « temps réduit pour raisons familiales »).

* Mesures concernant les heures supplémentaires Tableau récapitulatif des majorations légales (sauf accord collectif différent)

Contingent réglementaire d'heures supplémentaires autorisé : 220 heures par an et par salarié (sauf accord de modulation important).

 

Heures/Semaine
Jusqu'à 35 h
De 36 h à 43 h
44 h et plus

Type de majoration

Salaire normal

Majoration de salaire de 25 %

Majoration de salaire de 50 %

A ces majorations s'ajoute un repos obligatoire octroyé comme suit :

- pour les Cabinets occupant plus de 20 salariés, un repos compensateur de 50 % au-delà de la 41e heure pour toute heure accomplie dans la limite du contingent conventionnel (ou, à défaut légal) ;

- pour tous les Cabinets, lorsque le contingent conventionnel (ou, à défaut, légal) est dépassé, un repos compensateur s'élevant à 100 % pour les Cabinets de plus de 20 salariés et à 50 % pour les Cabinets de 20 salariés et moins.

Il est à noter que les majorations de salaires peuvent être accordées sous la forme d'un repos lorsqu'un l'accord collectif le prévoit ou lorsque les représentants du personnel ne s'y opposent pas. Dans ce cas, les heures supplémentaires ne s'imputent pas sur le contingent annuel.

 


Les nouvelles heures supplémentaires exonérées d'impôt sur le revenu

A compter du 1er octobre 2007, les salariés n'ont pas à soumettre à l'impôt sur le revenu les salaires Qu'ils perçoivent lorsqu'ils effectuent des heures supplémentaires ou complémentaires.

L'exonération fiscale porte sur la rémunération versée au titre des heures complémentaires et des heures supplémentaires : salaire de base et majoration versée dans la limite des taux prévus par la convention collective ou par l'accord de branche.

A défaut d'accord collectif, l'exonération est limitée aux taux prévus par la loi.

L'exonération concerne :

- toutes les heures supplémentaires effectuées dans le cadre du contingent annuel (conventionnel ou, à défaut, légal) ;

En cas de modulation, l'exonération ne vise que les heures effectuées au-delà de 1607 heures sur l'année (ou 218 jours) ;

- les heures complémentaires des salariés à temps partiel.

Exemple :

Un salarié rémunéré sur une base de 100 € de l'heure pourra, s'il effectue 40 heures sur une semaine, bénéficier d'une exonération de l'impôt sur le revenu pour 125 € X 5 heures, soit 625 €.

De la même façon, un salarié embauché à temps partiel sur un horaire de 20 heures par semaine, qui effectue 6 heures complémentaires sur une semaine donnée, peut prétendre à une exonération dfimpôt sur le revenu pour 100 € X 6 plus 25 % de majoration auquel il a droit au titre des heures comprises entre 10 % et 1/3 de son horaire contractuel si la convention collective le prévoit (soit les heures comprises entre 22 et 26heures) =4 h X 25 € = 100 €, soit un total de 700 €.

Ces majorations ne peuvent se substituer à d'autres éléments de rémunération disparus au cours des 12 derniers mois. IL est strictement interdit à un employeur de supprimer une prime par exemple pour la remplacer par des heures majorées (supplémentaires ou complémentaires) ouvrant droit à cette exonération fiscale.

Réduction des charges sociales et heures supplémentaires

Le législateur souhaite encourager le travail supplémentaire. Des allégements de charges sociales sont créés au profit des salariés et des employeurs lorsqu'ils effectuent des heures supplémentaires et/ou des heures complémentaires.

Toutes les heures supplémentaires ou complémentaires effectuées par un salarié (y compris les salariés agricoles et ceux des régimes spéciaux) ouvrent droit à une réduction des charges sociales salariales au titre des cotisations de Sécurité sociale que sont les cotisations d'assurance maladie, maternité, invalidité et décès et la cotisation salariale d'assurance vieillesse. Cette réduction se réalise dans la limite - d'une part, du montant des cotisations et des contributions d'origine légale ou conventionnelle rendues obligatoires par La loi (cotisations salariales au régime de retraite complémentaire, cotisation salariale d'assurance chômage, cotisation AGFF et la CSG et la CRDS) et - d'autre part, du montant total des cotisations salariales de Sécurité sociale.

Le montant (et les conditions de cumul de cette réduction avec d'autres exonérations éventuelles) est de 21,5 % (décret n° 2007-1380 du 24 septembre 2007). Il sera directement imputé sur le montant des cotisations salariales de chaque salarié. Il sera limité au montant de ces cotisations et ne pourra aboutir à un montant négatif de cotisations salariales.

* Une déduction forfaitaire des cotisations patronales

Les employeurs bénéficient d'une déduction forfaitaire des cotisations patronales de Sécurité sociale au titre des salaires versés pour des heures supplémentaires accomplies à compter du 1er octobre 2007.

Cette réduction ne concerne que les employeurs soumis au régime de l'UNEDIC. Sont donc exclus les particuliers employeurs et la plupart des régimes spéciaux.

Attention ! Cet avantage accordé à l'employeur ne vise que les salaires versés au titre d'heures supplémentaires. Elle n'est applicable ni aux salaires versés dans le cadre des heures normales, ni aux salaires (majorés ou non) versés au titre des heures complémentaires.

Autrement dit, un salarié à temps partiel qui ne peut faire d'heures supplémentaires n'ouvrira pas droit à cette déduction forfaitaire. Un salarié à temps plein pourra éventuellement ouvrir droit à cette déduction à condition de faire des heures supplémentaires.

Le montant de la déduction est de 0,50 € par heure supplémentaire dans les Cabinets de + de 20 salariés et d'1,50 € par heure dans les Cabinets de 20 salariés et moins (décret du 24 septembre 2007).

Il est limité au montant des cotisations patronales et ne pourra aboutir à des cotisations négatives.

Cette déduction sera cumulable avec d'autres dispositifs d'exonération de cotisations patronales de Sécurité sociale tels que :

- la ristourne Fillon,

- l'exonération de charges patronales accordées aux entreprises qui embauchent en zone de redynamisation urbaine (ZRU), de revitalisation rurale (ZRR), en zone franche urbaine (ZFU) ou qui s'implantent dans un bassin d'emploi à redynamiser,

- celle accordée aux structures agréées de service à la personne pour l'emploi d'aides à domicile intervenant auprès de publics non fragiles,

- l'exonération de cotisations d'allocations familiales de certains régimes spéciaux de Sécurité sociale,

- la réduction forfaitaire des cotisations patronales dues au titre de l'avantage en nature repas dans les hôtels-cafés-restaurants,

- l'exonération des cotisations patronales accordée aux entreprises implantées dans les DOM,

- celle attachée au contrat de professionnalisation,

- et celle accordée en faveur des jeunes entreprises innovantes.

Rappelons que l'ensemble de la rémunération versée à un salarié qui effectue des heures supplémentaires (salaire de base plus majo­ration) entre intégralement dans l'assiette des cotisations sociales. La réduction forfaitaire accordée viendra simplement s'imputer sur le montant des cotisations patronales calculées selon les règles de droit commun.

* Aménagement de la réduction dite Fillon

La référence au SMIC horaire est abandonnée. La formule se calcule désormais avec le SMIC mensuel et le salaire mensuel du salarié hors rémunération des heures complémentaires et supplémentaires dans la limite des taux de majoration de 25 % ou de 50 %.

* Le cas des salariés embauchés par des particuliers

Les salariés, employés par des particuliers, qui effectuent des heures supplémentaires ou des heures complémentaires peuvent bénéficier de l'exonération fiscale et de la réduction salariale des charges sociales.

En revanche l'employeur, particulier, ne bénéficie pas de la déduction forfaitaire des cotisations patronales.



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