En
quoi les nouveaux outils proposés aujourd’hui
par la HAS (listes des actes et prestations nécessités
et de guides médecin) constituent-ils un changement
dans notre système de
soins ?
Ces outils décrivent une prise en charge optimale
ainsi que le parcours de soins précis d’un
malade admis en ALD au titre de la maladie considérée.
Ils explicitent ainsi le bilan initial, la prise
en charge thérapeutique et le suivi du patient.
Ce qui change également, c’est le fait
d’utiliser de tels outils pour établir
un protocole de soins entre le médecin traitant
et le médecin conseil de l’Assurance
maladie et le patient lui-même. Ces outils
se substituent aux recommandations du Haut comité médical
de la sécurité sociale (HCMSS) qui étaient
des indications abordant moins complètement
le parcours de soins. Sur le fond, il ne s’agit
pas de procéder à des bouleversements
mais d’utiliser les recommandations disponibles
les plus récentes, de les traduire en termes
pratiques et de faire en sorte qu’elles s’appliquent. Auparavant, les médecins
disposaient-ils de guides pour la prise en charge
de ces pathologies en ALD ?
Non, il n’existait pas de référentiel
spécifique unique, mais plusieurs sources
d’information dispersées : recommandations
du Haut comité médical de la sécurité sociale
(HCMSS), références médicales
opposables (RMO), recommandations de l’Agence
nationale d’accréditation et d’évaluation
en santé (Anaes), de l’Agence française
de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps) ou d’autres agences étrangères.
Les outils (guides médecin et listes des
actes et prestations) concernent-ils uniquement
la prise en charge médicale ou également
les traitements ?
La prise en charge médicale ne se résume
pas au bilan diagnostique ou à une liste
d’actes techniques ou de biologie. La prise
en charge thérapeutique d’un patient
est bien entendu abordée aussi complètement
que possible : stratégie d’instauration,
associations de médicaments, suivi, effets
secondaires, vaccinations…
Les médecins seront-ils obligés
de respecter ces guides ?
Non, rien ne contraint formellement les médecins à respecter
ces guides. Cependant, il apparaît souhaitable
qu’ils se les approprient puisque ces documents
sont conçus pour améliorer la qualité de
la prise en charge du patient et optimiser le parcours
de soins de celui-ci. Un protocole ne devrait pas
décrire un parcours de soins fondamentalement
différent de celui contenu dans le guide
sans raison valable. En cas de désaccord,
entre le médecin traitant et le médecin
conseil, une expertise médicale permettra,
comme aujourd’hui, de trancher. Il est à noter
que pour favoriser cette appropriation par le corps
médical, ces documents ont été élaborés
sur la base d’un consensus scientifique avec
les sociétés savantes, par un groupe
de travail comprenant les professionnels (généralistes
et spécialistes) et les associations de
patients, avec la participation des médecins
conseil.
A quoi servent les listes
d’actes et de prestations ? Le médecin
est-il limité par elles ?
Ces listes des actes et prestations servent de base à l’établissement
du nouveau protocole de soins, conjointement avec le médecin-conseil
et d’autres médecins correspondants, en lien avec les patients.
Ces listes constituent un socle qu’il reviendra au médecin traitant
et au médecin conseil d’adapter en fonction des caractéristiques
propres à chaque patient. La liste n’exclut pas l’individualisation,
au contraire, elle l’a rend plus commode en permettant au médecin
traitant et au médecin conseil, de se concentrer sur le delta, à savoir
l’adaptation individuelle au cas de chaque patient..
Que fait la HAS pour le patient ?
La HAS souhaite élaborer des guides à destination
des patients en ALD afin de les sensibiliser encore
plus. En effet, l’expérience montre
que l’implication de toutes les parties prenantes
est une condition nécessaire à l’amélioration
des soins. Ce travail doit être mené en
partenariat avec les associations de patients. |