CONVENTION MEDICALE
LE PARCOURS TARIFAIRE EN PRATIQUE
La réforme du 13 août 2004 et la Convention
médicale instaurent un système de soins à double
entrée : Parcours de soins et Hors parcours
de soins.
Chacune de ces entrées repose sur des règles
de fonctionnement et tarifaires spécifiques.
Ce document résume, en pratique, les règles
pour chacune des situations.
Première entrée dans le système : Le parcours
de soins .
Le principe du parcours de soins est que le patient
est suivi par un médecin traitant (choisi librement
par le patient) qui l'oriente dans le système
de soins en l'adressant à d'autres médecins,
y compris des MEP (acupuncteurs, homéopathes,
etc..) en cas de nécessité et qui, à terme,
aura la responsabilité de la synthèse
de son DMP, selon des modalités à déterminer,
tant du point de vue de la périodicité que
de sa rémunération.
Ce principe s'applique dans une situation générale
et dans quelques situations particulières.
I - SITUATION GENERALE
A / De secteur I à secteur I
Le médecin traitant de secteur I (généraliste
ou spécialiste) applique les tarifs conventionnels
pour les actes cliniques et techniques.
Lorsqu'il adresse un patient à un autre médecin
de secteur I pour un avis d'expert ou des soins itératifs
ou une séquence de soins, celui-ci applique
les tarifs suivants :
- (a) C2 pour un avis d'expert. Pour les psychiatres,
les neuropsychiatres et neurologues, l'avis d'expert
est coté C2,5. Pour les anesthésistes-réanimateurs,
l'avis d'expert est limité à un acte
lourd d'anesthésie. Pour les généralistes,
le C2 n'est pas applicable avant 2007.
- (b) Les tarifs conventionnels avec une majoration
de coordination de 2 € pour les consultations.
Pour les spécialistes, cette majoration s'ajoute à la
MPC. La consultation de coordination est donc de
27 €uros. Pour les psychiatres, les neuropsychiatres
et les neurologues, la majoration de coordination
est de 3 €uros.
B/ De secteur II à secteur I
Le médecin traitant de secteur
II conserve sa liberté tarifaire. Lorsqu'il
adresse un patient à un
médecin de secteur I, celui-ci applique les
tarifs conventionnels dans les conditions du point
A.
C/ De secteur I à secteur II
Le médecin traitant, de secteur I (généraliste
ou spécialiste), applique les tarifs conventionnels.
Lorsqu'il adresse un patient à un médecin
de secteur II, celui-ci conserve sa liberté tarifaire
sauf pour le C2 qu'il applique dans les conditions
du point A(a). Dans le cas d'un suivi de soins, le
médecin secteur II est libre du montant de ses
honoraires, le patient étant pris en charge
par l'assurance maladie sur la base de 23 €.
D/ De secteur II à secteur
II
Le médecin traitant de secteur II conserve
sa liberté tarifaire,
de même que le médecin auquel le patient est adressé,
dans les conditions du point C pour ce dernier. Mais, les médecins
du secteur II peuvent choisir l'option de coordination. Dans ce cas, ils
appliquent les tarifs conventionnels pour les patients qui s'inscrivent
dans un parcours de soins et pour 30% au minimum de leur activité clinique
et technique.
E/ Affection de longue durée
Les médecins (secteur I et secteur II) qui
sont « médecin traitant » de
patients en ALD, reçoivent chaque année à la
date anniversaire de l'entrée en ALD un forfait
de 40 €uros, directement payé par l'assurance-maladie
pour assurer le suivi et la coordination des soins
de ces patients.
Par ailleurs, les médecins généralistes
peuvent pratiquer une Consultation Affection longue
durée (CALD), prévue par la Convention
et cotée 26 €.
I - SITUATIONS PARTICULIERES
A/ Accès spécifique
Pour certains actes (listés explicitement dans
la Convention) de 4 disciplines - gynécologie,
ophtalmologie, psychiatrie et neuro-psychiatrie - les
patients peuvent consulter directement le médecin
sans passer par le médecin traitant. Dans ce
cas, les médecins appliquent les tarifs définis
dans le parcours de soins (voir I- situation générale).
Si, dans le cadre de cet accès spécifique, le médecin
estime nécessaire que le patient consulte un autre médecin,
celui-ci appliquera les tarifs du parcours de soins (voir I- situation
générale)
B/ Urgence - éloignement du domicile, absence
du médecin traitant - remplacement .
La Convention a prévu les cas où le
patient est dans l'impossibilité matérielle
de consulter son médecin traitant. D'abord,
l'urgence définie comme une situation médicale
non prévisible. Ensuite, l'éloignement
temporaire du domicile et enfin, l'absence du médecin
traitant. Dans tous ces cas, le médecin consulté est
considéré comme le remplaçant
de fait ou de droit du médecin traitant. Il
applique les tarifs du parcours de soins.
C/ Les pédiatres
Les patients de 0 à 16 ans n'ont pas à choisir de médecin
traitant. En conséquence, les pédiatres appliquent les tarifs
conventionnels lorsqu'ils sont en secteur I et conservent leur liberté tarifaire
lorsqu'ils sont en secteur II.
Pour les consultations concernant les enfants de 0 à 2
ans, les pédiatres de secteur I appliquent une
majoration de 2 €, cumulable avec le forfait pédiatrique
de 5 €. Au total, la consultation des enfants
de 0 à 2 ans est valorisée à 30 €,
et remboursée sur cette base. Pour les pédiatres
du secteur II, la base de remboursement est de 28 €.
Pour les enfants de 2 à 16 ans, les pédiatres (secteur I)
appliquent une majoration spécifique de 4 € non cumulable avec
un DE, ce qui porte la valeur de tarification et de remboursement à 27 €.
Pour les secteurs II, la base de remboursement est de 23 €, le médecin
restant libre du montant de ses honoraires.
D/ Les patients de moins de 16 ans
Pour les médecins spécialistes autres
que les pédiatres, de secteur I et de secteur
II (ayant explicitement choisi l'option de coordination),
la valeur de la MPC est portée à 4 € pour
les consultations concernant les enfants de moins de
16 ans. Cette revalorisation est de 5,70 € pour
les psychiatres, neuropsychiatres et neurologues.
Les généralistes (secteurs I ou II) appliquent une Majoration
nourrisson (MNO) de 5 € pour les consultations des enfants de 0 à 2
ans.
E/ Avis multiples
Un médecin traitant A envoie un patient à un
médecin B. Celui-ci estime nécessaire
que le patient consulte un médecin C d'une autre
spécialité. Dans ce cas, il doit informer
le médecin traitant. Le médecin C applique
les tarifs prévus dans le cadre du parcours
de soins, à l'exception du C2 (l'avis d'expert)
qui ne peut être demandé que par le médecin
traitant.
Deuxième entrée dans
le système : Hors parcours de soins .
Les assurés n'ont pas l'obligation formelle
de choisir un médecin traitant et ceux qui en
ont choisi un ou qui en choisiront un ont le droit
de consulter librement tout médecin de leur
choix.
L'accès aux soins en dehors du parcours de soins relève de
règles différentes en matière tarifaire et de remboursement.
A/ Règles tarifaires .
- Les médecins généralistes de
secteur I appliquent les dispositions et tarifs conventionnels.
- Les spécialistes de secteur I peuvent appliquer
un dépassement tarifaire. Celui-ci est plafonné à 17,5%
au dessus des tarifs conventionnels. Pour les consultations,
ce dépassement s'applique sur la base du tarif
conventionné avec la majoration de coordination,
soit une base de 27 €. La consultation de spécialiste
secteur I peut être facturée 27 € +
17,5% = 31,73 €, arrondi à 32 € selon
une disposition de la Convention. Pour les actes techniques,
le dépassement de 17,5% s'applique sur le tarif
CCAM et le total est arrondi à l'€uro supérieur.
Ces dépassements ne peuvent s'appliquer que
sur 30% de l'activité, clinique d'un coté et
technique de l'autre.
- Les médecins du secteur II (généralistes
et spécialistes) conservent leur liberté tarifaire.
B/ Remboursement et prise en charge par les complémentaires.
Pour inciter les assurés à choisir le
circuit du parcours de soins, la loi du 13 août
2004 a prévu de moins rembourser et de limiter
les possibilités de prise en charge par les
complémentaires des actes effectués hors
parcours de soins.
Ces dispositions entreront en application le 1 er
janvier 2006 sur la base de deux décrets, actuellement
soumis à la concertation.
- Sur le moindre remboursement, le projet autorise
l'UNCAM à moins rembourser les actes dans une
fourchette de 7,5 à 12,5%, soit environ 2 € sur
une consultation de médecine générale
et 2,5 € sur une consultation (ou acte technique)
de médecine spécialisée. Ce reste à charge
ne pourrait pas tre pris en charge par les complémentaires
dans le cadre des « contrats responsables ».
- Sur la prise en charge des dépassements par
les complémentaires, « dans la cadre
des contrats responsables », le projet instaure
une franchise, non remboursable, de 7 € correspondant
au dépassement autorisé sur la consultation
de spécialiste. Dans les mêmes conditions,
l'avenant n°1 à la Convention prévoit
que les 7 premiers €uros d'honoraires supérieurs
aux tarifs conventionnels, demandés par les
médecins de secteur II ne pourraient pas être
pris en charge par ces complémentaires. Toute
fraction de dépassement supérieur pourrait,
en revanche être prise en charge.
IMPORTANT :
Ces dispositions ne concernent que les contrats d'assurance
complémentaires,
dits responsables. Il s'agit des contrats pour lesquels
les assurés ayant des revenus jusqu'à 15%
supérieur au plafond donnant accès à la
CMU bénéficieront d'aides fiscales, ou
pour les contrats d'assurance bénéficiant
d'un aide fiscale de l'employeur ou de déductibilité fiscale
(Loi Madelin). |